Région des Grands Lacs : Pour Denis Sassou-N’Guesso, «Pas de dialogue avec les terroristes et avec les criminels»

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8ème Réunion sur la RD Congo

Le président congolais l’a déclaré à l’issue de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs que son pays vient d’abriter le 19 octobre. Face à la presse, Denis Sassou-Ng’Guesso a répondu à trois questions précises, annonçant ainsi les couleurs du mandat qui vient de lui être confié à la tête de cet espace géographique et politique.

Question : monsieur le président en prenant le flambeau de la CIRGL, vous avez clairement annoncé votre volonté de placer le dialogue au centre. Mais en même temps, on vient de l’apprendre, comme on l’a appris aussi à Luanda, vous allez anéantir les forces du mal. Comment alors allez-vous entreprendre ce dialogue ? Faut-il totalement les anéantir ou faut-il discuter avec ces forces du mal quand on sait que vous prônez le dialogue dans la région des Grands Lacs?

Denis Sassou-N’Guesso : Le principe du dialogue est un principe permanent. Mais, en tous les cas, pas le dialogue avec les terroristes. Pas le dialogue avec les criminels. Le dialogue est instauré dans la paix, avec toutes les parties qui peuvent être en contradiction. Et cela est normal, car là où se trouvent les hommes, il peut y avoir des opinions différentes. Alors, dans la paix, sans la violence, on discute, on échange. C’est cela le dialogue. Vous faites peut-être confusion. Le dialogue dont nous parlons n’est pas le dialogue avec les terroristes et avec les criminels.

Question : Dans l’un de vos discours de la journée vous avez eu à souligner ou à relever que la situation socio-politique et sécuritaire en RDC est préoccupante. Elle est préoccupante parce que l’élection présidentielle tarde à venir. Elle va de report en report. Tout récemment la commission électorale a demandé plus de 500 jours pour l’organisation des élections. D’après vous, cette nouvelle date annoncée par la commission vous rassure ou vous préoccupe davantage ?

Denis Sassou-N’Guesso : Je crois que si vous avez suivi le communiqué (final), de nombreuses approches ont été proposées. Elles devaient renforcer le processus en RDC tel que préconisé lors de la réunion en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New-York. Je crois que les forces s’engagent à soutenir les autorités en RDC pour la réalisation de ce programme électoral. Et le président Kabila nous a dit qu’il y a encore des discussions entre la CNI, le Conseil de suivi des accords du 31 décembre 2016 et le gouvernement. Je crois que ces discussions sont en cours et nous n’avons pas encore des conclusions. Ces discussions ne peuvent donc pas aujourd’hui, de manière définitive, parler de calendriers pour les élections. La date n’est pas encore connue.

Question : Monsieur le président, vous prenez la tête de la CIRGL pendant que la plupart des pays membres connaissent des problèmes de sécurité intérieure caractérisés par des rébellions qui sèment la terreur au niveau des frontières, des rebellions qui ont pour base des territoires de certains Etats voisins. Avez-vous, lors du huis-clos, discuté de cette question avec vos homologues ? Quelles sont les actions vigoureuses que vous comptez engager durant votre mandat ?

Denis Sassou-N’Guesso : Heureusement qu’il y avait le Huis-clos. Parce que ce qui a été dit au cours du Huis-clos ne peut pas être rendu public. Alors, analyser donc les deux communiqués entre les lignes, vous trouverez toutes les démarches qui ont été préconisées. D’ailleurs le dernier communiqué qui vient d’être lu, donne déjà mission au président en exercice de se rendre avant le 26 octobre prochain à Nairobi, au Kenya, pour tenter quelques démarches de bons offices. Nous avons déjà donc le pied à l’étrier (…) Et pour ce qui est dit lors du Huis-clos, la conférence n’a pas donné mission d’en débattre maintenant.

Par Audite Ntsikabaka

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