Gouvernance : Le rapport de Lamyr Nguélé confirme la corruption

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La Commission nationale de lutte contre la corruption est sortie de son silence  avec un rapport qui mentionne des détournements des fonds, l’abus de pouvoir, les faux et usages de faux, etc. Des faits contenus dans l’enquête qui couvre les années 2016 et 2017.

Sur la base des informations reçues et de la clameur publique, la Commission nationale de lutte contre la corruption, la fraude, la concussion et les infractions assimilées a diligenté des investigations dans quelques administrations mises en cause.

Il s’agit du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (Chu-B), des différents services du ministère de l’Enseignement supérieur qui s’occupe du paiement de la bourse aux étudiants congolais en France, des services du ministère de la Santé en charge des étudiants en médecine à Cuba, de la gestion de la gratuité du traitement du paludisme et des anti retro viraux, de la Caisse de retraite des fonctionnaires (Crf) et des Douanes.

Les documents analysés ont ressorti des « niches de corruption, de concussion, de fraude et des infractions assimilées », a indiqué Lamyr Nguélé, président de cette commission.

Le Chu-B reste un labyrinthe

L’enquête a établi que le Chu-B fonctionne sans vision administrative ni plan stratégique. Les gestionnaires manquent de plan et ne maîtrisent pas les étudiants, violent les conventions collectives sur le recrutement. On note également la prolifération des prestataires de service d’entretien des espaces verts et de maintenance des équipements et installations qui exercent des travaux fictifs entraînant des coûts abusifs. Pire, la subvention n’accorde que moins d’un pour cent à l’achat des médicaments.

Il ressort également que 2 452 agents pour une masse salariale estimée à 957 547 386 francs par mois. « Les gestionnaires n’observent pas l’orthodoxie financière, ils dépensent sans pièce comptable, ni pièces justificatives. L’établissement traîne une dette de près de 6 milliards de francs Cfa et brille par des marchés de gré à gré.

D’autres cas flagrants

La mal gouvernance, les détournements de fonds et autres infractions sont aussi relevées dans les paiements des bourses des étudiants en formation à l’étranger, notamment en France et à Cuba. Les services concernés ne maitrisent pas le fichier des étudiants et ne disposent pas de fichiers fiables. Concernant l’achat des anti-retro viraux et des produits liés à la gratuité du traitement du paludisme et autres, les griefs portent sur l’opacité et l’absence de textes d’application. « Les cabinet se sont érigés en structures d’achat et de distribution des produits. De 2014à 2016, les documents comptables sont inexistants. Tous les pouvoirs ont été concentrés entre les mains du conseiller économique, des directeurs des finances et de la planification […] qui a fait la rétention de deux millions de francs dont l’usage et la nécessité ne sont pas justifiées », indique Lamyr Nguélé.

Sur le paiement des pensions des retraités de la Crf, l’enquête indique que la direction générale du Trésor avait bien viré les douze mois de l’année 2016 dont 7 milliards 918 de francs pour les mois de décembre et novembre. Malheureusement jamais payés. Le directeur général n’a plus été associé dans l’exécution des dépenses. Tout se passait entre le cabinet, le ministre et le directeur financier. Le cabinet du ministre a fait une immixtion dans la Crf… 

Pour les douanes, la commission a établi des « fausses déclaration de douanes » à la direction départementale de Pointe-Noire.

Que recommande la commission ?

La commission nationale de lutte contre la corruption a transmis son rapport au gouvernement. Il est remis au procureur de la République en vue de l’ouverture des enquêtes judiciaires afin d’établir toute la vérité.

En attendant, des attitudes à observer pour empêcher la récidive, à titre conservatoire sont proposées. Il s’agit de « faire auditer la dette du Chu-B qui s’élève à plus de 8 milliards de francs Cfa, de revisiter son règlement intérieur pour limiter les pouvoirs du directeur général, de veiller à la tenue des comités directeurs ».

Concernant les bourses des étudiants congolais à l’étranger, la commission conseille un recensement et un engagement de la bourse par pays pour garantir la traçabilité. Elle propose de suspendre et vérifier la gestion des frais annexes qui sont de 40% du montant global des bourses.

Pour la Crf, une réflexion sur le financement de cette administration est souhaitée, un recensement des agents inscrits au fichier, la révision du système informatique et l’étude des conditions d’apurement de la dette de plus de 5 milliards.

Donatien Ndamba Mwandza

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